Approche de la création

Raconter, imaginer, vibrer, transmettre, écouter, chercher, essayer, créer.

Qu’est-ce que raconter ?

Pour nous, raconter ne se résume pas à monter une pièce, du registre classique ou contemporain, la mettre en scène, et la faire jouer. Raconter ne se résume pas non plus à briser le quatrième mur pour s’adresser concrètement au public. Nous pensons que l’histoire ne peut être racontée que parce qu’elle est écoutée. C’est le cheval de bataille de la Caravelle, ou plutôt l’aventure dans laquelle chacune des créations tente d’emmener les spectateurs : donner une place à l’imaginaire et aux histoires, qui se racontent non seulement par les mots, mais aussi par la musique, la danse, la mise en lumière, et les images.

Qu’est-ce qu’une histoire ?

C’est une suspension dans le temps, une expérience racontée qui permet de la comprendre sans forcément la vivre, amenée à nous faire ressentir de réelles émotions, a fortiori de nous faire réfléchir, agir, grandir ; une histoire agit donc concrètement sur nous. De tout temps, la transmission orale a été - et l’est encore - au centre des concepts de philosophie, d’art, et d’éducation.

Comment la raconter ?

Faut-il éteindre la salle au noir, faire participer le spectateur, en l’incitant à se lever, à chanter, à indiquer au personnage la démarche à suivre, à la suivre dans les recoins d’une scénographie singulière, ou raconter en plein jour, au beau milieu d’une clairière ? Chacune de ces propositions est plausible, à partir du moment où l'essence même de la pièce ne repose que sur l’histoire qu’elle transporte avec elle. La mise en scène n’est que le moyen de la restituer, permettant de donner une lecture différente de la même histoire. Ce qui est important, c’est d’être dans la capacité d’adapter l’histoire quel que soit l’âge, la langue ou la sensibilité de ceux qui l’écoutent.

Nous pensons que si le spectateur vient dans une salle de théâtre, c’est aussi pour oublier sa propre histoire, en écouter une autre pour imaginer et voyager, mais également pour agrémenter, nourrir sa propre histoire, sa propre vie.

Et pourquoi ?

Nous souhaitons donner aux spectateurs un instant de présent. Devant eux se jouent de réels moments de vie, puisque des acteurs les incarnent, même si cette réalité peut être complètement imaginée ou fantasmée. Nous estimons n’être que trop souvent piégés dans une société d’un faux présent : pour nous, le présent implique une prise de conscience de passé et futur. Or, n’avançons-nous pas sans tirer les conséquences de ce qui a échoué et impacté nombre de vies avant nous ? Parfois, nous avons plus l’impression de survivre que de vivre. Est-ce une crise existentielle de notre génération, ou est-elle universelle et inter-génerationnelle ? Dans un monde ultra connecté qui nous donne l’illusion d’être lié au monde entier, nous avons ce sentiment que l’on se retrouve plus que jamais seul. Voilà pourquoi pour nous, notre théâtre se doit de fédérer les gens autour d’une histoire, comme on peut se rassembler autour d’un feu pour chanter, danser, comme on peut écouter notre aïeul nous raconter ses souvenirs, ou comme on peut écouter son enfant nous raconter ses rêves.

 

 

« Le théâtre est toujours vivant et le sera toujours, parce qu’il est le moyen le plus simple d’expliquer l’homme et de le divertir. Oui, tant que la vie sentimentale et sensuelle de l’homme et de la femme sera bouleversée par les naissances, les amours et les deuils, les infortunes et les réussites, la ménopause et l’impuissance, la nécessité ou la passion de l’argent, l’ambition, l’orgueil, par les crises de l’amour-propre, de la jalousie, tant que l’homme ou la femme pourront éprouver, fût-ce une seconde en une vie, ce que Juliette éprouve pour Roméo, Portia pour Brutus, Marguerite pour Faust, Phèdre pour Hyppolite, le Roi Lear pour ses filles, tant que l’homme et la femme, tant que vous et moi ne trouverons guère de raisons d’espérer et de souffrir autres que celles de nos pères et de nos enfants, tant que l’homme ne sera pas un robot, un inséminé artificiel, ou un objet mécanisé ; tant que l’être humain questionnant et contrôlant la matière par les sciences mécaniques se sera pas devenu mécanique, en bref, tant que l’homme et la femme seront à la disposition des soubresauts et des crises du cœur et des sens, tant qu’elle et lui s’efforceront de comprendre et de se réjouir, de se comprendre et de se haïr, de se comprendre et de se raisonner, le théâtre, oui, le théâtre sera vivant. »

J.Vilar

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